Le voile à l’école dans Le Peuple.VS

La question du voile à l’école est sujette à de nombreuses mauvaises compréhensions et confusions. Dans le journal du parti socialiste du Valais romand Le Peuple.VS numéro 82, un partisan socialiste rédige un article sur le sujet qui montre que nous avons encore du travail pour faire comprendre en quoi consiste l’initiative de l’UDC et ce qu’est le voile (et ce qu’il n’est pas).

Nous tenons à remercier Yves Mabillard et Dimitri Martic pour leurs réactions à cet article (Beur sur la ville) d’un de leurs camarades concernant l’initiative que nous combattons « Pour des têtes nues à l’école ». Le droit de réponse de Yves a été publié dans Le Peuple.VS numéro 83, nous l’avons ajouté à cet article, avec l’accord de l’auteur. L’article de Dimitri n’a pas été publié parce qu’il n’y avait pas de place pour deux réponses, nous lui avons donc proposé de le publier ici sur notre blog.

Texte publié par Patrick Evéquoz le 4 novembre 2016 et qui a suscité de vives réactions :

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Ci-dessous, le texte réponse de Dimitri Martic :

Jeunesse nationale-socialiste

La surprise subsiste : je me demande encore comment des idées fleurant fort les années quarante ont pu se retrouver dans une rubrique censée porter la voix de la jeunesse (cf. Peuple du 4 novembre dernier, La jeune garde).

Passons le titre, peu intéressant, mais qui nous renseigne néanmoins sur l’humour douteux de son auteur. Attardons-nous plutôt sur le contenu de cet infâme billet, lequel, bien que la forme n’y soit pas, laisse apparaître un fond plus que nauséabond.

Premièrement, il convient de reconnaître que l’émancipation de ceux qui se trouvent sous quelque joug que ce soit fait partie des aspirations traditionnelles de la gauche, et que l’emprise de la religion sur les individus n’a jamais été oubliée dans ce combat. Ainsi, cet article ne pourrait être que le fait maladroit d’une personne bien intentionnée…

En revanche, avant de s’empresser de s’emparer d’une plume pour s’y attaquer – en caressant au passage l’extrême droite de l’autre bout, prendre le temps de réfléchir et chercher à affiner son jugement en le confrontant à de plus hautes considérations me paraît une solution plus raisonnable. Je concède volontiers qu’elle nécessite également quelque effort, mais là est le prix de l’intelligence. Bref, ce faisant, on remarque assez vite qu’être de gauche, c’est aussi et avant tout prendre le parti de l’opprimé, et non participer à sa persécution.

Plus précisément, c’est ne pas céder à l’extrême droite, qui souhaite faire un débat de ce qui n’en est pas un. C’est refuser qu’une minorité soit sans cesse méprisée, et refuser encore plus fermement de prendre part aux attaques indignes menées de toutes parts à son encontre. C’est, au contraire, s’opposer à sa discrimination et la protéger, résister à l’injustice qui lui est faite, et ce quand bien même tous seraient contre elle.

Voilà l’idée que je me fais de la gauche. Et vu sous cet angle, force est de constater que l’un de nous deux n’en est pas.

Dimitri Martic


Ci-dessous, le texte réponse de Yves Mabillard, publié dans le numéro 83 du 18 novembre 2016 :

Droit de réponse à Patrick Evéquoz

Outre un titre aguicheur et irrévérencieux que je juge d’assez mauvais goût de la part d’un jeune politicien, socialiste de surcroit,  aussi expérimenté que mon camarade, « Beur sur la ville » nous gratifie d’une introduction au ton acerbe où l’auteur se risque à parler du burkini. Courageux, tant le sujet est complexe et la notion de laïcité (à la française) galvaudée. L’écueil n’a malheureusement pas été évité, vu que je ne lis qu’un avis subjectif nullement étayé contre une décision de la plus haute instance juridique. Je rappelle que selon la loi de 1905, il n’y a qu’une définition de laïcité et le burkini n’y contrevient pas. Quant à la notion de liberté, c’est bien connu l’interdiction est le meilleur moyen de la garantir.

Je n’épiloguerai pas sur ce sujet alibi, étendard fantoche dressé par une classe politique démunie face aux vrais problèmes de leur pays.

Revenons à l’initiative cantonale en question, je suis rassuré de constater que nous sommes au moins d’accord sur une chose: « c’est bien le voile qui est visé ».

A l’instar du Tessin pour la Burqa, le Valais sert de laboratoire à l’UDC pour le voile. Ne nous trompons pas sur leurs intentions et les moyens à leur disposition.

Il est encore temps de se mobiliser pour leur envoyer un signal qui mettra à mal leur politique nauséabonde.

Nous devons nous soulever, remette l’humain au centre, défendre notre projet de société plurielle et multiculturelle, promouvoir le vivre-ensemble!

L’UDC l’a assez clamé : l’école n’est pas laïque et l’un de ses buts est de « s’efforcer de préparer les élèves à leur tâche de chrétiens ». Je ne vois donc pas comment soutenir l’initiative contribuerait à conduire un jour à une interdiction totale des signes religieux à l’école ou dans l’espace public.

En accord avec l’art. 15Cst., respecter la spiritualité de chacun, qu’on soit athée, chrétien-ne ou d’une autre confession et promouvoir le dialogue et la connaissance me semblent les clés du vivre-ensemble.

Malgré le respect que je dois à mon camarade, je peine à comprendre son point de vue et je l’invite, comme vous toutes et tous d’ailleurs, à lire le manifeste du collectif VIVE, une source d’informations de plus pour se forger une opinion.

Je me suis engagé car je refuse de voir le Valais et la Suisse s’enliser dans les mêmes travers que d’autres pays: Politique de repli sur soi, migration déshumanisée et brandie comme une menace, à dessein de faire peur à une population anesthésiée à coup de slogans populistes. Cette xénophobie qui va trop souvent de pair avec l’homophobie et le sexisme, sans crier gare.

Là, où le parti agrarien entend lutter politiquement contre «l’islamisation rampante», je ne vois que la stigmatisation de valaisan-ne-s qui participent à la vie et à l’avenir de ce canton. Soutenir cette initiative ne règlera aucun problème, cela ne fera qu’en créer.

De nos jours, je me demande si l’opium du peuple n’est pas plus l’emprise des médias et la surenchère de sujets scandales à but lucratif, que la religion. Je ne saurais trop vous conseiller de multiplier les points de vue pour vous forger l’opinion la plus constructive possible et surtout n’ayez pas peur de dialoguer avec les personnes directement concernées par cette initiative. Mon texte visait à inviter chaque partisan-ne à se questionner, en leur offrant un autre angle.

La JSVR a décidé de soutenir VIVE et beaucoup de camarades ont signé le manifeste en ligne, je les en remercie vivement. Je serais curieux de connaître la position du PSVR.

Yves Mabillard, Monthey

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