Vos questions à propos du voile à l’école

La question du voile à l’école soulèvent de nombreuses questions, des doutes, des incompréhensions. Nous essayons ici de répondre aux interrogations que nous rencontrons le plus souvent.

Est-ce que beaucoup de filles portent le voile à l’école en Valais ?

Non, il y en a très peu. Nombres d’enseignant-e-s disent n’avoir jamais eu de filles voilées en classe. De plus, les rares étudiantes qui portent le voile à l’école ne posent aucun problème et sont bien intégrées. L’initiative contre le port du voile à l’école crée un problème qui n’existe pas.

Que dit la loi actuelle ?

L’UDC ne vise-t-elle vraiment que le port du voile ? 

La section de l’UDC du Valais romand propose une initiative “pour des élèves têtes nues dans les écoles valaisannes” en vue d’interdire le port de couvre-chefs dans les écoles publiques du canton. Derrière cette interdiction générale, ce qui est visé est clairement le possible port du voile par les jeunes filles musulmanes. Le site même de l’UDC du Valais romand ne s’en cache d’ailleurs pas. Il précise que “la démarche vise notamment le port du voile”, et tout l’argumentaire est construit vis-à-vis de cette seule question du voile musulman.

A partir de quelle âge une fille peut porter le voile ?

A partir de la puberté.

Porter le voile est-il compatible avec l’intégration ?

L’intégration n’implique pas de tirer un trait sur son passé, ses références culturelles ou religieuses antécédentes. la culture n’est pas une casquette que l’on peut mettre et enlever pour une autre. L’intégration passe par la combinaison réussie de ses différentes appartenances culturelles mises en rencontre. Une femme peut donc très bien s’intégrer à la vie en Suisse tout en portant le voile.

Quel est le risque de vouloir enlever aux migrants, notamment les musulmans, leurs références culturelles et religieuses ?

Une stratégie fréquente pour retrouver une indispensable image de soi positive est alors souvent un surinvestissement dans l’identité culturelle d’origine. plus la pression à l’assimilation et à l’abandon de son passé est forte, plus les personnes visées auront tendance à se réfugier au sein de leur communauté d’origine, et plus elles se réfugient dans leur communauté d’origine, plus elles sont stigmatisées et accusées de ne pas vouloir s’intégrer dans la société, et ainsi de suite. Ce même mécanisme pervers explique en quoi l’initiative de l’UDC alimente le communautarisme, alors qu’elle construit pourtant son argumentation sur le risque d’un communautarisme musulman dont le voile serait l’un des signes tangibles, et sur le risque d’islamisation que courrait le Valais (et plus largement la Suisse) si l’on ne met pas de claire barrière aux musulmans qui y vivent.

Est-ce que le voile est compatible avec le féminisme ?

Oui. Défendre le droit de porter le voile, c’est aussi défendre l’égalité entre les femmes et les hommes. Les féministes ont depuis toujours lutté pour que les femmes aient, autant que les hommes, la possibilité de faire des choix pour et par elles-mêmes. En considérant le voile comme un symbole d’oppression par les hommes, on réduit les femmes musulmanes qui le portent à des êtres essentiellement soumis. Cette vision nie leur faculté de faire des choix.

N’y a-t-il pas un risque de discrimination si des fillettes portent le voile ?

Ce n’est pas le port du voile qui discrimine, mais le regard des autres sur ce voile. Interdire le voile ne ferait que renforcer la discrimination. Il s’agit du principe d’inversion du concept de discrimination.

Comment savoir si le port du voile pour de très jeunes filles n’est pas imposé par les parents ?

Certaines pensent que les jeunes filles ne sont pas en âge de décider du port du voile, cela est imposé par leur parents. Il serait bien plus avisé de continuer à prôner une école qui non seulement accueille la diversité, mais éduque les enfants à au coeur de cette diversité, par exemple en accompagnant ces jeunes filles dans le processus les menant à pouvoir faire par la suite leur propre choix en toute connaissance de cause, libres et émancipées, sur le fait de porter ou non le voile.

Que peuvent faire les écoles si une fille voilée subit des pressions chez elle ?

Les médiatrices-teurs et les enseignant.e.s sont présent.e.s pour aider tou-te-s les élèves qui subissent de la violence à la maison. Les filles voilées peuvent faire recours à elles-eux comment tou-te-s les autres.

Si l’initiative passe et que les valaisan-ne-s votent pour, qu’est-ce qui se passe concrètement, les fillettes voilées n’iront plus à l’école ?

Est-ce que les femmes choisissent de porter le voile, ou c’est imposé par leur mari/famile… ?

Le port du voile est un choix pour certaines femmes. Pas pour d’autres.

En quoi interdire le voile à l’école est islamophobe ?

 

Pourquoi l’interdiction du voile (à l’école ou partout ailleurs) est anti-féministe ?

L’interdiction laisse entendre que les femmes ne sont pas libres d’exprimer leur conviction religieuse en public.